L’innovation par le béta-test dans le e-commerce.

Avec l’avènement de l’internet, les éditeurs de logiciels et fournisseurs de hardware ( cf. Ces firmwares qui nous changent la vie) ne se privent pas de nous gaver de mise à jour. Si l’intention première est plutôt bonne car elle vise à améliorer le fonctionnement desdits logiciels, l’habitude est également prise de nous livrer des logiciels non aboutis qui feront l’objet de correctifs plus tard.
Cette méthode qui a longtemps été l’apanage de Microsoft concerne désormais tout le monde y compris des sociétés comme Apple. Le cas de cette dernière est emblématique car la firme à la pomme s’est longtemps targuer d’être un acteur fournissant des solutions simples et fiables (vs la concurrence). Aujourd’hui elle n’hésite plus à parler de ses mises à jour comme « corrigeant des bugs »! (Cf. iPhone 2.1: Apple publie sa mise à jour « fleuve » tant attendue)

Innovation : Entreprise 2.0 vs 1.0
L’habitude ayant été prise par les consommateurs de mettre à jour leurs programmes , plus personne ne s’étonne de ce mode opératoire. Certains y voient même parfois que les effets bénéfiques (et j’avoue que je suis de cela) tandis que d’autres en peuvent carrément plus (cf. F*ck les béta).

Quoiqu’il en soit, pour l’entreprise cela ouvre une nouvelle dimension (indispensable?) dans son processus d’innovation. En effet, les sociétés de l’économie 2.0 n’hésitent pas à mettre en place de nouveaux services en mode bêta accélérant ainsi leurs innovations tandis que les entreprises de « l’économie 1.0 » se demandent encore s’il est nécessaire de le faire. Pour exemple, un « Google » (qui fêtent ses dix ans) sort un service en béta tous les jours (ou presque) et l’améliore en temps réel tandis qu’un Microsoft lance des innovations plus rarement et sans se soucier des besoins réels des utilisateurs (cf. Le vrai défi de Microsoft : comprendre la nouvelle génération).

Un processus d’innovation ouvert à tous l’e-commerce.
Ce processus d’innovation s’il concerne en premier lieu les firmes « informatiques » ne doit plus leur être réservé. Toute entreprise faisant du e-commerce peut doit utiliser le béta-test pour innover et proposer à ses clients ou prospects de nouveaux services et créer de la sorte des avantages concurrentiels via la prime au primo-accédant. Pour illustrer ce point, Cuil par exemple aura bien du mal à s’imposer face à un Google car il arrive trop tard.

Quels sont les bénéfices d’une bêta pour un e-commerçant ?
Je vois quatre bénéfices (mais si vous en voyez d’autres, usez des commentaires!) pour l’entreprise à lancer une innovation en mode béta.

  1. Détecter rapidement les attentes de l’utilisateur : un béta test est une excellente méthode pour détecter les fonctionnalités manquantes ou attendues.
  2. Accélerer le développement du produit/service : de la même façon, le lancement d’une bêta est une formidable machine à débugger. Chaque jour des centaines d’utilisateurs vont indiquer ce qui ne fonctionne pas et aider l’entreprise à améliorer son produit/service.
  3. Créer une communauté de users : Un béta test est donc par définition l’occasion d’ouvrir un espace de discussion avec une partie de ses utilisateurs. Cela peut s’avérer être un excellent outil de fidélisation et de reconnaissance de ses clients.
  4. Préparer le lancement commercial : Les utilisateurs d’une bêta -par définition gratuite- constituent un très bonne base de prospects pour un lancement commercial ultérieur, même s’il faudra piloter le passage à une utilisation payante avec précaution (Être clair dès le début : annoncer aux utilisateurs de la bêta la durée du test et préciser que la version commerciale sera payante).

Utiliser un processus de bêta permet de donner un véritable coup d’accélérateur à l’entreprise qui souhaite innover dès lors qu’elle en accepte aussi les risques.

Quels peuvent être les risques pour l’e-commerçant ?
J’en distingue quatre types (mais si vous en voyez d’autres, usez des commentaires)

  1. Les risques organisationnels : absence de réactivité de l’entreprise, mauvaise gestion des remontés, opérationnels mal (in)formés, absence de chef de projet autonome (cad décisionnaire et référent directement à sa Direction) sont des risques que l’on peut minimiser à condition de s’en donner les moyens.
  2. Les risques informatiques : la réussite d’un béta-test repose en majeure partie sur la réactivité de l’entreprise à faire évoluer sa version béta. Pour ce faire il est indispensable d’avoir une équipe dédiée au projet pendant toute la durée du béta-test qui sera à la fois compétente pour faire évoluer le service proprement-dit mais également gérer les interactions avec l’ensemble des services existants.
  3. Les risques juridiques : le cadre juridique et la jurisprudence ne sont pas les mêmes pour les éditeurs de software que pour un VADiste par exemple. Il y a donc un travail à faire avec les services juridiques pour les « éduquer » à ce mode opératoire et trouver avec eux les parades légales.
  4. Les risques commerciaux : en utilisant une béta, l’entreprise prend le risque de se faire piller son idée par ses concurrents qui pourront être parfois saisir l’occasion pour copier le même service et effectuer un lancement commercial immédiatement.

Publié par

Jean-Dimitri

Créateur de goopple.fr , Jean-Dimitri est un passionné des usages digitaux. Responsable Innovation, il intervient également pour l'ISTC et l'IAE de Lille. En savoir plus sur Jean-Dimitri.

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